samedi 3 octobre 2015

Khatsaturjan - Beast, Machine & Man

Khatsaturjan - Beast, Machine & Man (06/2015)
L'histoire de Khatsaturjan, groupe/projet Finlandais originaire de Vantaa, démarre au tout début des années 2000: une bande d'étudiants monte un groupe de rock dédié à la musique classique !.. il y adaptent, entre autre, du Dvorak et du Prokofiev. Leur premier EP sort en 2002, "Aramsome Sums" et contient 2 adaptations de Mussorgsky et de Berlioz. Il faut attendre 2 années supplémentaires pour les voir sortir leur 1er réel album, "Aramed Forces Of Simantipak" (2004). Ils y abandonnent les adaptations de musique classique pour se focaliser sur un rock progressif symphonique et "originel". Après "Disconcerto Grosso" en 2010, voici ce "Beast, Machine & Man", enregistré entre 2011 et 2014 mais qui ne sort que cette année.
Je ne connais pas les précédents albums, mais d'après quelques extraits écoutés on peut dire que le nouvel opus reste dans la lignée de ses frères aînés: du prog très orienté années '70, y compris dans la production qui fait la part belle aux claviers et ce son de batterie si particulier de l'époque.
Le premier titre, "Suite Phobia Utopia" porte bien son nom: il s'agit bien d'une suite... de thèmes, de rythmes, de variations. Le "Wrong Kinda Socks" qui lui succède nous amène plutôt du côté du Sensational Alex Harvey Band ou du Golden Earring de l'époque, avec son rock balancé, agrémenté de riff ciselés et de breaks décalés. Pour ma part, si tout l'album avait baigné dans cette ambiance je lui collais un 5/5 définitif, tant ce morceau fait renaître à la perfection ce style musical spécifique aux années '70 et qu'on a toujours autant plaisir à (ré-)écouter. 
Dommage pour ma pomme, tout le reste de l'album va prendre une tournure résolument prog symphonique, et c'est le premier reproche que je lui ferais. Parce que si les compositions sont ultra-riches et méga-chiadées, bref alambiquées comme il faut, si techniquement les musiciens sont de très haut niveau, on a quand même l'impression d'avoir entendu tout ceci des dizaines de fois (pour ne pas dire des centaines). Il y a d'excellents passages, essentiellement instrumentaux, tout au long de ces 9 morceaux. Mais ils côtoient des passages plus rugueux, plus abrasifs aux oreilles (du moins les miennes). Il en est ainsi de "My Canon, My Way Of Life" jusqu'à "The Actor": un jeu de montagnes russes, entre jubilation et tiraillement, ravissement et crispation. Vous allez me dire: ben au moins il procure des sensations cet album ! et si on veut regarder le verre à moitié-plein plutôt qu'à moitié-vide, ok, on va dire comme ça.
J'aime beaucoup certains passages de chaque morceau: ils ont tous une intro, un break, un intermède ou un final réellement intéressant ou agréable. 
Mais j'ai aujourd'hui de plus en plus de mal avec certaines sonorités de synthés; rien à voir avec les musiciens: j'avais déjà du mal à l'époque avec ELP ou Gentle Giant... Et vu qu'il y a ici quelques clins d’œil très appuyés vers ces 2 formations légendaires... 
Ah oui, autre chose avec lequel j'ai beaucoup de mal: écrire Khatsaturjan en une seule fois, sans me tromper !!

Il y a un gros potentiel dans ce groupe: j'ai déjà parlé de la qualité des musiciens, il faut aussi souligner celle de leurs compositions, et de la production (qu'ils assurent eux-mêmes). Ils maîtrisent parfaitement les codes du prog symphonique, ils ont simplement, pour ma part, un certain déficit de personnalité. Le petit truc en plus qui les ferait définitivement ressortir du lot et signerait leur marque de fabrique.
Cet album fera la joie des nostalgiques de la "grande époque", celle où les guitares avaient 2 manches, où les chanteurs étaient maquillés et déguisés et où les in-ear monitors (oreillettes) n'existaient pas !




J-Yves


3/5: *****








Beast, Machine & Man 
1. Suite Phobia Utopia (5:55)
2. Wrong Kinda Socks (3:35)
3. My Canon, My Way Of Life (6:10) 
4. In Pursuit Of A Haunting Singalong (11:47)
5. Domain Of Love (8:36)
6. Beast, Machine & Man (4:00)
7. American 33 (7:47)
8. St. Angelus (8:12)
9. The Actor (5:28)


Khatsaturjan
Atte Kurri: vocals, guitars, keyboards, bass 
Ilkka Piispala: vocals, drums, keyboards, bass (7) 
Ilkka Saarikivi: vocals, keyboards, cello 

with 
Matti Muraja: bass, violin 






Aucun commentaire :

Enregistrer un commentaire